C'est quoi un MSU ?

Qu'est ce qu'un MSU ? Quel est son rôle auprès de l'étudiant en médecine, du futur médecin ?

  • Un Maître de Stage des Universités - MSU - est un médecin de ville qui accueille dans le cadre de stages des étudiants en médecine qui sont entre la 4ème année (externat) et la fin de la 9ème année (internat) afin de leur permettre de découvrir la médecine générale de premier recours.
  • Le MSU a un rôle important, décisif et complémentaire dans la formation de l’étudiant en médecine. Il lui permet d’accéder à ce terrain d’apprentissage qu’est l’ambulatoire.
  • Être MSU, c’est transmettre et partager son expérience, sa vision du métier de médecin généraliste.

On peut devenir MSU pour 3 types de stages :

  • Le stage de deuxième cycle destiné aux externes.
  • Le stage dit « de niveau 1 » pour l'interne de médecine.
  • Le stage dit « de niveau 2 » ou SASPAS (Stage Ambulatoire en Soins Primaires en Autonomie Supervisée) pour l’interne qui a déjà effectué le stage de niveau 1.

Pourquoi devenir MSU ?

Quelles motivations ont poussé plusieurs de vos confrères à effectuer cette démarche ?
Quels bénéfices tirent-ils de cette expérience ?

Aidez les étudiants à devenir médecin généraliste ! Devenez MSU :

  • pour partager votre expérience professionnelle, transmettre votre savoir en passant le relai à la nouvelle génération.
  • pour faire découvrir aux étudiants la richesse et la réalité de leur futur exercice en les faisant bénéficier d’un apprentissage optimal sur le terrain.
  • pour promouvoir la médecine générale et transmettre des compétences qui lui sont spécifiques telles que l’approche centrée patient, la gestion des pathologies les plus fréquentes, la diversité et la complexité de la discipline, la notion de réseau de soins en ville.

« La spécialité est ainsi revalorisée, les vocations réconfortées et les installations en médecine générale rassurées » - E.VIVOT : La maîtrise de stage en médecine générale : un moyen de valoriser l’exercice professionnel du médecin généraliste ? Thèse d’exercice de médecine Université de Nancy 2012

Devenir MSU est également un moyen :

  • de se remettre en question, de mettre à jour ses connaissances et de les partager.
  • d’améliorer ses pratiques, ses compétences en médecine générale.
  • de lutter contre l’épuisement professionnel, le burn-out, en sortant de la routine, en prenant du recul sur sa pratique. Cela permet de réconcilier les médecins généralistes avec le plaisir au travail. C’est une réelle plus value au quotidien.

Mais aussi être MSU permet :

  • de trouver facilement un remplaçant, un futur associé, voire un successeur. Vous connaissez votre interne. Vous pouvez également contacter les autres internes car vous faites partie d’un réseau que sont les MSU.
  • de diversifier sa pratique en tirant bénéfice de la formation continue, de l'enseignement, de la recherche.

Les 3 stages

Quels sont les différents stages réalisés par les étudiants en médecine générale ?
En quoi consistent-ils ?

Ce 1er stage est une occasion unique de faire découvrir la médecine générale à un étudiant de 4ème, 5ème ou 6ème année. Cela lui permet d’appréhender les spécificités de cette spécialité.

L’étudiant observe et apprend l’examen clinique aux côtés du maître de stage. Il est sensibilisé à la relation médecin-patient, au rôle de médecin de famille et découvre l’approche globale centrée patient.

Ce stage peut créer des vocations et permettre un choix délibéré de la médecine générale à l’Examen Classant National en 6ème année.

Stage se déroulant sur 2 mois (20 demi-journées), à répartir entre 2 MSU.

Honoraires pédagogiques de 300 euros par mois par externe, soit 150 euros par mois pour chaque MSU. Possibilité de prendre 1 à 6 étudiants sur l‘année.

Formation initiale à réaliser sur une journée au Département de Médecine Générale (DMG) de Nice par le Dr MONNIER.

Formation S2 « Encadrement des externes en médecine générale » sur deux jours sous forme de séminaire, dispensée par le CNGE à Nice (indemnisée dans le cadre du DPC).

Ce stage obligatoire permet à l’interne (étudiant en 7ème, 8ème ou 9ème année) de découvrir la richesse, la diversité de son futur métier et l’apprentissage de la médecine générale en cabinet, différente et complémentaire de la pratique en milieu hospitalier.

Il permet une application des savoirs par l'interne : le savoir-être et le savoir-faire.

L'objectif de ce stage est la mise en autonomie progressive. Il comporte trois phases :

  • en observation active, pendant laquelle l’interne observe le MSU.
  • en supervision directe, pendant laquelle l'interne effectue la consultation en présence de son MSU, avec un temps de rétroaction pédagogique après la consultation.
  • en supervision indirecte, pendant laquelle l'interne effectue seul la consultation. Le MSU n'est alors pas présent physiquement pendant la consultation mais doit rester joignable à tout moment par son interne.

L'interne découvre le travail en équipe dans le cadre de la médecine de ville et des réseaux de soins. Il découvre la complexité de l’approche EBM (Evidence Based Medicine). Le patient n’est pas juste une pathologie médicale, il faut une approche beaucoup plus globale pour bien le soigner.

Stage de 6 mois (9 demi-journées par semaine) à répartir entre 2 MSU.

Honoraires pédagogiques de 600 euros par mois par interne, soit 300 euros par mois pour chaque MSU. A compléter par les honoraires recueillis par l’interne consultant seul.

Possibilité de 1 à 2 internes dans l’année.

Formation initiale à réaliser sur une journée au DMG de Nice par le Dr MONNIER.

Formation S1 « Initiation à la maîtrise de stage en troisième cycle de médecine générale » sur deux jours sous forme de séminaire, dispensée par le CNGE à Nice (indemnisée dans le cadre du DPC).

Ce stage permet une autonomie totale de l’interne. Il est professionnalisant, mais n’est pas un remplacement. Il est sollicité par les internes souhaitant s’installer en libéral, et se réalise en fin d’internat. C’est un stage actuellement facultatif qui ne concerne que la moitié à un tiers de chaque promotion par manque de MSU.

L'interne est en autonomie supervisée, c'est-à-dire qu’il consulte seul au cabinet. Le MSU doit rester joignable à tout moment par l’interne, et effectue une supervision indirecte des consultations le jour même ou le lendemain.

L’interne prend confiance en lui et définit le médecin qu’il souhaite être, car il est en situation réelle de médecin généraliste. Il confronte ses connaissances théoriques à des cas pratiques et progresse grâce à son expérience en apprenant des différentes situations rencontrées.

Le SASPAS, c’est l’apprentissage de l’exercice en autonomie, mais aussi la gestion du cabinet dans sa totalité : comptabilité, organisation du cabinet, permanence des soins avec tour de garde, gestion des consommables, secrétariat…

Stage de 6 mois (9 demi-journées par semaine) à répartir entre 3 MSU.

Honoraires pédagogiques de 600 euros par mois par interne soit 200 euros par mois pour chaque MSU. A compléter par les honoraires recueillis par l’interne consultant seul.

Possibilité de 1 à 2 internes dans l’année.

Formation S5 « SASPAS : supervision du futur médecin généraliste en stage ambulatoire » sur deux jours sous forme de séminaire , dispensée par le CNGE à Nice (indemnisée dans le cadre du DPC).

Le MSU contribue à la formation pédagogique pendant la journée de présence de son interne au cabinet - correction de RSCA (Récit de Situation Complexe Authentique), animation de GEASP (Groupe d’Entraînement à l’Analyse de Situations Professionnelles) -.

Seuls les MSU ayant déjà encadré pendant 3 ans un interne niveau 1 peuvent prendre un SASPAS.

Comment devenir MSU ?

Et si vous vous laissiez tenter ?

Pour devenir Maître de Stage des Universités, il faut :

Après avis favorable du coordinateur du DMG et selon les critères de formation demandés, la demande d’agrément est soumise à la validation en Commission d’Agrément Régionale. L’agrément est ainsi acquis pour 5 ans.

Questions fréquentes

L’accueil d’un étudiant reste insuffisamment connu et fait l’objet d’idées reçues.

  • Le rôle de MSU prend du temps en tout début de stage, mais cela est compensé par la suite. L’étudiant s’adapte à votre pratique et vous suit.
    La présence d’un interne permet d’alléger la charge de travail après quelques semaines de pratique. C’est un gain de temps potentiel. Il peut avancer la consultation en rédigeant les ordonnances, en remplissant le dossier. Puis, en autonomie, il peut voir les urgences ou faire une visite à domicile pendant que vous effectuez vos propres consultations.

  • La démarche pour devenir MSU est simple et la charge administrative est faible. Il n'y a que quelques documents à fournir.
    Le plus important est de se lancer en contactant le Département de Médecine Générale !
    Pour accueillir un étudiant, un contrat sera à signer avec le DMG. En fin de stage, une évaluation de l’étudiant sera à remplir et à communiquer au DMG.
    À noter : il faut informer votre assurance que vous devenez maître de stage. Cela n’entraîne pas de surcoût sur la RCP.

  • Devenir MSU requiert une formation pédagogique minimale. Elle consiste en une journée passée au Département de Médecine Générale (DMG) pour se former sur la maîtrise de stage, avec le Dr MONNIER.
    Par la suite, vous devez approfondir vos connaissances pédagogiques dans le cadre du développement professionnel continu (DPC), en réalisant 2 formations indemnisées sur 3 ans organisées par le DMG et le Collège Azuréen des Généralistes Enseignants (CAGE) :

    Vous pouvez aussi, si vous le désirez, vous ouvrir vers de nouvelles actions médicales et pédagogiques :

    • Participer avec le CAGE et le DMG à l’encadrement global des étudiants.
    • Devenir investigateur pour participer à des travaux de recherche en médecine générale.
    • Devenir directeur de mémoire de DES de médecine générale, directeur de thèse.
    • S’investir dans des formations pédagogiques et/ou médicales envers vos consœurs et confrères.
    Liste des formations sur le site du CNGE

  • Il y a une réelle motivation de l’étudiant à réaliser son stage en ville. Il s’adapte à votre pratique et est là pour apprendre et non pas juger !
    La maîtrise de stage représente un réel enseignement pratique et théorique. La relation médecin-étudiant est aussi une relation d'échange et de partage.
    L'interne peut apporter des connaissances théoriques actualisées pendant que vous lui enseignez un savoir faire qu’il ne peut pas apprendre à l’hôpital. Il peut apporter un regard extérieur sur votre pratique tout à fait bénéfique.
    Durant le stage, vous pouvez observer votre interne et le voir évoluer. En phase d’autonomie, vous débriefez en fin de journée les consultations effectuées.
    Ces échanges avec un futur confrère, ces rencontres au fil des stages deviennent alors très intéressants et permettent aussi d'évoluer positivement dans votre pratique quotidienne.

  • L’étudiant s’adapte à l’emploi du temps du maître de stage. Il est accueilli par un binôme ou trinôme de MSU en fonction du niveau. Ainsi, les journées à réaliser par l’étudiant sont partagées avec les autres MSU.
    Pour les stages de niveau 1 et 2, l’interne dispose d’une journée par semaine pour sa formation théorique et son travail personnel de thèse, mémoire ou publications. Il peut également réaliser des demi-journées de formation auprès de médecins spécialistes ou de personnel paramédical, pour compléter sa formation.
    Le MSU dispose donc d’une liberté d’organisation de son emploi du temps.

    L’accueil de l’étudiant peut nécessiter une adaptation de l’organisation de l’espace.
    Des petits locaux ne sont pas un frein. L’interne en phase d’autonomie peut consulter seul pendant que le maître de stage s’occupe de tâches administratives par exemple.

  • En règle générale, les patients acceptent très bien les étudiants durant la consultation. Il est important de leur signaler la présence de l’étudiant (affiche en salle d’attente, information par la secrétaire, présentation de l’étudiant par le médecin).
    La fonction d’enseignant est valorisante pour l’image du médecin généraliste auprès du patient.
    Ce dernier peut refuser l’étudiant au cours de la consultation mais cela arrive rarement.
    La relation triangulaire médecin / étudiant / patient dynamise la consultation : le patient est recentré dans la prise en charge partagée. Il est le pôle d’intérêt principal quand l’étudiant pose des questions.

  • Le Maître de Stage est indemnisé pour son enseignement par rémunération directe (honoraires pédagogiques variant selon le niveau de l’étudiant et l’organisation du stage).
    Il peut aussi percevoir une rémunération indirecte qui sont les honoraires recueillis par les internes de niveau 1 consultants seul et de niveau 2.

  • Comment se passe une consultation entre l’interne, le patient et le MSU ? Voici l’exemple d’une consultation en supervision directe :

En savoir +

Retrouvez plus d'information sur les liens suivants.

Sites utiles

  • Site www.devenirmsu.com réalisé par Emna Zarrad interne à Paris 6 - dont sont issus tous les témoignages vidéo de MSU et étudiants du site.
  • Site du CNGE - Collège National des Généralistes Enseignants : www.cnge.fr - Le CNGE regroupe les 35 collèges régionaux de médecine générale.
  • Site du CAGE - Collège Azuréen des Généralistes Enseignants : www.nice.cnge.fr.
  • Site du Conseil de l'Ordre des Alpes-Maritimes - CDOM 06 : www.conseil06.ordre.medecin.fr.

Thèses de médecine générale

Contacts

Dr Brigitte MONNIER
Coordinateur du Département de Médecine Générale
Responsable du recrutement des MSU

Conseil de l'Ordre des Alpes Maritimes
CDOM 06

Pr Philippe HOFLIGER
Directeur du DMG de Nice

Mme Laura BRULEY
Secrétaire du DMG de Nice

Pr Patrick BAQUÉ
Doyen de la faculté de Nice

Mme Martine PUECH
Cabinet du Doyen